Sébastien van Noyen, Les Thermes de Dioclétien. Anvers, 1558.

Fol Z 140 Réserve Hors-rang

 

Cet ouvrage, publié en 1558 à Anvers par Hieronymus Cock, est la première monographie imprimée illustrée concernant un édifice ancien.

C’est le cardinal Antoine Perrenot de Granvelle (1517-1586), conseiller du roi Philippe II d’Espagne, qui envoya Sebastiaan van Noyen (1493-1557), ingénieur militaire et architecte au service de ce roi, exécuter un relevé des thermes de Dioclétien à Rome.

   

Exceptionnel dans ses dimensions, l’ouvrage se compose d’un plan général des thermes, de deux planches représentant les détails des ordres d’architecture, et de cinq ensembles de planches collées et pliées représentant les coupes longitudinales et les élévations de l’édifice, pouvant mesurer jusqu’à 3 m 50 une fois dépliées.

L’exemplaire conservé à la bibliothèque de l’Institut de France est également remarquable par sa provenance. Il s’agit de celui  du célèbre marchand et collectionneur d’estampes Pierre-Jean Mariette (1694-1774).

Une note de sa main insérée au début de ce volume témoigne de l’importance qu’il attachait à cet ouvrage : « Peu de livres sont aussi rares que celui-ci. Je ne crains point d’ajouter qu’il en est peu de si curieux ni de si intéressans […]. Mon exemplaire est considérable, non seulement parce qu’il est d’une condition parfaite, mais par rapport aux additions que j’y ai faites & qui sont importantes […]». Cet exemplaire, relié dans un beau maroquin rouge, est en effet enrichi d’un portrait du cardinal de Granvelle gravé par Lambert Suavius en 1556, d’une planche de plan et élévation des thermes de Dioclétien, gravés à Rome par Mario Cartaro en 1580 pour Vincent Scamozzi, d’un dessin représentant le plan et l’élévation de la façade principale des thermes levés et mesurés par Michel-Ange, et d’un plan manuscrit de la partie des thermes qui subsiste, transformée depuis en église par les Chartreux.

Ce livre fut acquis par l’architecte Louis-François Trouard (1729-1797), membre de l’Académie royale d’architecture, moyennant 525 livres, somme considérable à l’époque, lors de la vente de la collection de Mariette en 1775. En 1780, Trouard offrit deux volumes in-folio de sa collection à l’Académie royale d’architecture, une édition anglaise de Palladio et cet exemplaire des Thermes de Dioclétien, ouvrages sur lesquels l’Académie fit apposer ses armes. En 1793, les collections furent placées sous scellés, puis réparties entre plusieurs institutions. La bibliothèque de l’Institut, alors nouvellement créée, en reçut la plus grande partie.